Qu'y a-t-il dans mon eau ?
Ouvrir le robinet est un geste simple, mais entre normes sanitaires et polluants invisibles, il est parfois difficile de s'y retrouver. Cette page propose un éclairage complet sur la composition de l'eau et les clés pour en évaluer la qualité.
L'eau du robinet est-elle pure ?
En France, l’eau du robinet est très contrôlée et globalement sûre. Elle respecte des normes strictes de potabilité, qui garantissent l’absence de risque immédiat pour la santé.
Ces contrôles reposent toutefois sur des seuils de conformité, conçus pour protéger la population. Mais il existe un autre indicateur, plus exigeant : le seuil de qualité. Et celui-ci, dans de nombreuses régions, est régulièrement dépassé.
En effet, sous l’effet des canalisations vieillissantes, des traitements appliqués et des variations locales, l’eau peut transporter des substances indésirables issues de son environnement ou de son acheminement, comme c’est le cas pour le chlore ou les métaux lourds. À cela s’ajoute la présence de polluants issus des activités humaines et agricoles, tels que des résidus de pesticides, de médicaments, de molécules hormonales ou de PFAS (les polluants éternels).
Filtrer son eau permet d’ajouter une barrière de sécurité supplémentaire, tout en améliorant son goût et son confort au quotidien. C’est aussi un choix responsable, qui permet de réduire l’usage de bouteilles plastiques et de diminuer son empreinte environnementale, sans compromis sur la praticité.
Notre environnement impacte directement la qualité de l’eau
Avant d’arriver jusqu’à notre robinet, l’eau parcourt les sols, traverse les réseaux de distribution et côtoie parfois des zones agricoles, industrielles ou urbaines. Ce long trajet laisse inévitablement des traces.
Voici ce que l’eau du robinet peut contenir
Polluants d’origine industrielle et urbaine
De nombreux polluants sont issus des activités industrielles et de l’acheminement de l’eau. Ils sont particulièrement difficiles à éliminer par les traitements de potabilisation classiques.
Polluants d’origine naturelle ou domestique
Certains composants proviennent directement de la composition géologique des sols, du cycle naturel de l’eau ou de l’état des réseaux de plomberie des habitations.
Polluants d’origine agricole
Issus des cultures et des élevages, ils sont entraînés par les pluies vers les nappes souterraines et les rivières. Les pratiques agricoles constituent aujourd’hui la cause principale de la dégradation de l’eau.
La pollution de l'eau en quelques chiffres
90%
Des stations de contrôle ont détecté des pesticides, prouvant la persistance de ces polluants dans notre environnement.
25%
De la population ont été alimentés au moins une fois par une eau non conforme en 2023, soit 3 fois plus qu’en 2020
49.
Substances interdites sont pourtant présentes dans nos rivières, dont le glyphosate, présent dans 3 rivières sur 4
Comment connaître la qualité de mon eau ?
Avant de choisir un filtre, nous vous recommandons de comprendre la qualité de votre eau
La composition de l’eau peut varier selon les régions, les canalisations ou encore le type de traitement appliqué.
Consulter les données officielles
Le Ministère de la Santé met à disposition un outil en ligne qui permet d’accéder aux résultats du contrôle sanitaire réalisé par les Agences régionales de santé (ARS), par commune.
Se rapprocher de sa mairie
Pour des informations plus détaillées et récentes sur votre secteur, contactez votre mairie et demandez les dernières analyses d’eau effectuées sur votre commune.
Les différents polluants présents dans l’eau au quotidien
Pesticides et herbicides
Résidus de produits phytosanitaires utilisés en agriculture, ils contaminent les ressources en eau potable, sans parvenir à être complètement éliminés par tous les systèmes de traitement. Certains sont classés cancérigènes ou perturbateurs endocriniens.
PFAS
Utilisés dans les textiles, emballages, poêles antiadhésives ou mousses anti-incendie, les PFAS se dégradent très difficilement. Persistants dans l’environnement, ils sont suspectés d’agir comme des perturbateurs endocriniens dans l’organisme, et de fragiliser le système immunitaire.
Résidus de médicaments et d’hormones
Les antibiotiques, antidouleurs ou hormones (notamment issues des contraceptifs) peuvent échapper aux stations d’épuration et se retrouver dans les eaux de surface. Leur impact à long terme sur la santé et la biodiversité reste préoccupant.
Microplastiques
Ces minuscules particules proviennent de la dégradation des déchets plastiques et des fibres synthétiques. Désormais omniprésents dans l’eau du robinet, leur impact sur la santé humaine est actuellement sous haute surveillance médicale.
Nitrates et nitrites
Issus principalement des engrais agricoles et des lisiers, ils s’infiltrent dans les nappes phréatiques. À forte dose, ils nuisent au transport de l’oxygène dans le sang, ce qui les rend particulièrement surveillés pour la santé des nourrissons et des femmes enceintes.
Chlorothalonil et acrylamide
Le chlorothalonil, un fongicide interdit depuis 2020,a pourtant été détecté dans de nombreuses nappes phréatiques. Il est classé cancérigène probable. L’acrylamide, sous-produit de procédés industriels est suspecté d’effets neurotoxiques et cancérigènes à long terme.
Perturbateurs endocriniens
Ces molécules miment, bloquent ou modifient le fonctionnement naturel du système hormonal, même à des doses infimes. Issues de la dégradation des plastiques, des cosmétiques ou des pesticides, elles sont suspectées d’agir sur la fertilité et le développement.
Chlorure de Vinyle Monomère (CVM)
Ce gaz toxique provient de la dégradation des anciennes canalisations en PVC posées avant 1980. En stagnant dans ces tuyaux vétustes, l’eau peut dissoudre le CVM, une substance classée cancérigène avérée pour l’homme.
Chlore
Utilisé comme désinfectant indispensable pour purifier l’eau du robinet, le chlore altère fréquemment l’odeur et le goût de l’eau. En excès, il peut générer des dérivés indésirables, comme les trihalométhanes (THM). De plus, sous une douche chaude, il s’évapore et est inhalé sous forme de gaz, ce qui peut irriter les voies respiratoires, tout en asséchant la peau et les cheveux.
Métaux lourds
Ces éléments proviennent de sources naturelles, mais aussi de certaines activités humaines. Dans l’eau, ils proviennent notamment des rejets industriels et de la corrosion des vieilles tuyauteries. Ils s’accumulent dans l’organisme et peuvent provoquer des troubles neurologiques, des risques accrus de cancer, ou encore des effets sur le développement du fœtus et de l’enfant.
Bactéries et micro-organismes
Si les traitements au chlore éliminent la quasi-totalité des germes pathogènes, la stérilité de l’eau n’est pas garantie jusqu’au robinet. Divers facteurs favorisent la formation d’un “biofilm” (une couche de micro-organismes collée aux parois) où des bactéries comme les légionelles, ou certains parasites, peuvent alors proliférer directement dans les canalisations et les ballons d’eau chaude mal entretenus.
Organochlorés
Ces composés chimiques proviennent d’anciens pesticides (comme le DDT) ou de procédés industriels. Interdis pour la plupart, mais extrêmement persistants, ils s’accumulent tout au long de la chaîne alimentaire et présentent des risques sanitaires importants.
Composés Organiques Volatiles (COV)
Ces substances chimiques proviennent des solvants, peintures ou produits industriels. Présents dans certaines nappes phréatiques, plusieurs COV sont suspectés d’être cancérigènes ou irritants pour le système respiratoire.
Algues
Liées au réchauffement des eaux et à l’excès de nutriments (comme les nitrates), les proliférations d’algues ou de cyanobactéries dans les réserves d’eau compliquent la potabilisation. Elles peuvent donner un goût de terre à l’eau et libérer des toxines parfois complexes à filtrer.
Champignons
Les spores de champignons microscopiques et de moisissures trouvent un terrain favorable dans les zones de stagnation ou les parois intérieures des réseaux de plomberie. S’ils sont rarement dangereux pour la santé générale, ils altèrent la clarté et la saveur de l’eau.
Gaz et composés naturels
Le sous-sol libère naturellement des éléments chimiques et des gaz qui se dissolvent dans les eaux souterraines au fil de leur parcours. C’est le cas du radon (un gaz radioactif naturel), du fluor, de l’arsenic, mais aussi du sulfure d’hydrogène. Présents à l’état naturel selon la géologie des régions, ces composés nécessitent des seuils de vigilance stricts pour préserver le confort d’utilisation et la santé.
Particules en suspension
Le sable, la boue, la rouille ou les sédiments sont arrachés par l’eau lors de son parcours. Ils proviennent généralement de travaux sur le réseau public, de micro-fissures ou tout simplement du vieillissement des canalisations. Bien que sans danger pour la santé, ces impuretés troublent la limpidité de l’eau, altèrent son confort visuel, et finissent par encrasser les robinetteries et les appareils ménagers.
Minéraux
Ces éléments naturels ne sont pas des polluants à proprement parler. Ils sont essentiels à notre organisme (calcium, magnésium, potassium). Cependant, l’essentiel de nos besoins en minéraux est en réalité couvert par une alimentation équilibrée. Leur présence dans l’eau dicte surtout sa dureté : un excès génère du calcaire, inconfortable pour la peau et mauvais pour les appareils ménagers.
Même à faibles doses, ces polluants peuvent s’accumuler au fil du temps,
altérer le goût et la pureté de l’eau, et soulever des questions pour la santé à long terme
Filtrer son eau devient alors un geste de précaution simple, pour boire une eau plus saine, maîtriser sa qualité et réduire son exposition à ces contaminants invisibles.
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